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mamancelib Description du blog :
Mes joies, mes peines, mon quotidien, mes coups de coeur de maman célibataire... Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
26.03.2007 Dernière mise à jour :
09.11.2007
Réflexion faite, les gros avantages de la vie en solo résident dans ce qu’on n’a pas : on n’a pas à supporter les ronflements de quelqu’un d’autre, ni ses sautes d’humeur, ni ses chaussettes qui traînent, ni ses goûts douteux dans la décoration de l’appartement, ni… sa mère !
Parce que dans ce domaine-là, il faut le reconnaître : il n’y a pas de juste milieu. Soit on tombe sur la belle-mère idéale : celle qui est présente mais juste ce qu’il faut, qui ne vous fait pas de réflexions perfides dès que son fils a le dos tourné et qui est toujours là quand on besoin d’elle. Soit… on gagne en cadeau bonux avec le fils qu’on aime, l’archétype de la belle-mère de compétition, livrée avec toutes ses options de chiantitude exacerbée… Et malheureusement, les statistiques prouvent qu’on a plus de chances de tomber sur la championne toutes catégories du stéréotype de la moche-mère que sur la belle mère option perle rare…
Déjà, la première fois que vous l’avez rencontrée, vous aviez bien senti que vous arriviez en terrain à hauts risques. Elle avait à peine regardé le bouquet de fleurs que vous aviez choisi avec soin pour ce premier repas dominical (et qui vous avait coûté une fortune, mais passons !) et ne vous avait adressé que deux fois la parole : la première pour vous demander de lui rappeler votre prénom, la seconde pour vous dire que de toutes façons, son fils méritait ce qu’il existe de mieux et qu’il était le centre de sa vie. Heureusement qu’elle vous a dit ça au moment du café car, vous auriez pu vous étouffer avec un os de poulet en entendant ça !
Après un débriefing du repas avec les copines, vous en étiez arrivée à la conclusion que bon, d’accord, la possible belle-maman n’était pas des plus avenantes mais que ce n’était pas si grave que ça : vous ne vivez pas avec elle mais avec son fils. Et vous l’aimez tellement ce grand garçon que vous vous sentez capable d’affronter occasionnellement le dragon qu’il avait au bout de son cordon ombilical.
Le temps a passé… La « de plus en plus possible belle-maman » se souvient de votre prénom. Elle vous a même souri une fois… jusqu’au jour fatidique où vous avez annoncé, fiston et vous-même, que vous alliez vous marier. Et là, elle a éclaté en sanglots. Tout d’abord, vous avez été touchée par l’émotion qu’elle laissait éclater ; sauf que ce n’était pas l’émotion qui lui faisait faire un concours avec les chutes du Niagara, mais la colère : son fils, la chair de sa chair, avait pris une telle décision sans la consulter auparavant. A présent, les décisions importantes de la vie de fils chéri se prenaient sans elle… et avec une autre… La traîtresse !
Je vous passe le jour du mariage où il a fallu un drap de lit pour éponger ses larmes ( ça c’était drôle : avec son maquillage, on aurait pu penser qu’elle allait à une soirée Halloween). Elle a quand même eu le toupet de revêtir une robe blanche à dentelle pour assister au mariage de son « filsquilaquittaitpouruneautre ». Heureusement que vous aviez un voile, on aurait pu vous confondre ! (euh non, vous ne jouez pas dans la même catégorie !).
Et puis, vous vous êtes finalement habituée à porter le même nom que belle-maman. A supporter ses réflexions toujours sympathiques, enfin, que votre mari percevait comme telles : « votre rôti est un peu trop cuit » ; « vous n’auriez un peu forci ? » ; « vous, les jeunes, vous ne témoignez pas du même respect que nous à votre mari » ; « et oui, vous travaillez, vous avez moins de temps pour vous occuper de la maison, évidemment… vous avez pensé à une femme de ménage ? » ; « ah, mon fils, tu n’aurais pas maigri ? … et oui, la bonne cuisine de maman te manque… ». Vous aurez noté le vouvoiement qu’elle ne s’est jamais résolue à délaisser pour vous parler : il vaut mieux garder une certaine distance…
Sans parler des coups de fil passés à « petitfilschéri » quasi quotidiennement au début : « ah, c’est vous ? Mon fils est là ? Vous me le passez ». Oui, merci, j’habite ici (aussi !) et j’ai même le droit de répondre au téléphone. Je vais bien, merci de vous en inquiéter… Fort heureusement, depuis, l’homme de votre vie a investi dans un téléphone portable et vous n’avez plus à supporter la voix nasillarde de moche-mère à 19h30 pétantes.
Quand est arrivé le jour où vous avez annoncé que vous étiez enceinte (de son fils, de surcroît !), elle vous a regardé d’un autre œil : vous alliez entrer dans le clan des femmes qui ont procréé. Ca changeait tout. Avant même de vous féliciter pour cette grossesse, elle a insisté sur le fait que ce bébé DEVAIT être un garçon, pour que le nom de famille soit perpétué ; pour qu’il veille ensuite sur sa petite sœur ; et surtout, parce qu’un garçon, c’est bien moins de soucis qu’une fille… Et là, vous avez lancé un coup d’œil navré à votre belle-sœur préférée qui piquait du nez dans son assiette de petits pois… Vous avez beau eu lui expliquer que ce n’était pas de votre ressort, lui fournir toutes les explications scientifiques possibles, et bien non ! Le sexe du bébé dépendait uniquement de vous, et de vous seule !
Et tout à fait involontairement, pour une fois, vous l’avez comblée : vous aviez relevé le challenge ; votre premier enfant serait un garçon ! Alors, si c’est un garçon, il y a une tradition dans la famille : il va falloir lui donner le prénom de son grand-père… Oui, mais non, Edgar, pour un bébé, ça ne va pas le faire. Jean-Eudes non plus. Henri-Paul non plus. Non, ce n’est pas la peine d’insister… Et pour une fois, le futur papa a reconnu que sa maman était un peu pesante quand elle s’y mettait… et vous n’avez rien dit pour le détourner de cette idée !
Lorsque vous avez accouché, il vous a semblé que, pendant quelques jours, belle-maman était sdf : elle arrivait la première à la maternité (même avant son fils) et en repartait la dernière, tirée par son fils. Elle insistait pour être sur toutes les photos, pour embrasser le nouveau-né… Le pauvre, à peine quelques jours, et déjà obligé de supporter l’haleine de poney et le parfum étouffant de sa grand-mère…
Et puis, plus rien… Certainement effrayée par l’idée qu’on lui demande de garder un peu son petit-fils, la nouvelle grand-mère a pris le large… Tout au moins physiquement. Parce qu’entre temps, elle a découvert internet et la fonction « envoyer un email ». Elle vous abreuve donc de conseils d’un autre temps pour les soins de bébé, et ne cesse de vous demander si vous vous en occupez bien. Non, non, à 2 mois, il se débrouille très bien tout seul !… Et comme les nouvelles technologies lui sont hermétiques, vous recevez le même mail en deux exemplaires, dans le meilleur des cas. Elle est quand même arrivée, un jour, à vous envoyer 12 fois le même mail en 3 minutes. Oui, oui, elle l’a fait !
Et, dans les moments de lucidité, vous avez peur… Vous êtes aussi une maman d’un petit garçon que vous aimez plus que tout… Et si un jour vous lui ressembliez ? On dit que les hommes épousent toujours une femme qui ressemble à leur mère…. Et si… Noooooooooooooooon ! … Ah non, tout mais pas ça !
Et là, je me dis que j’ai de la chance : pas de belle-mère à supporter dans mon cas ; pas de risque d’être une belle-mère qui ne supporte pas de voir son fils aimer une autre femme qu’elle.
Ouf ! MiniBri, je te le dis, on l’a échappé belle ! ;-D
Non, ne commencez pas à chantonner cet immense tube des musclés ;-D (oui, seuls les trentenaires devraient se souvenir de ce groupe qui a marqué la musique française et de cette chanson inoubliable !)…
C’est une tradition en province : les fêtes qui reviennent chaque année aux mêmes dates, avec quasiment le même programme chaque année. Pourquoi changer un programme établi depuis des lustres ? Manèges pour les enfants, concerts le soirs, repas au centre du village et apéros interminables…. sans oublier les défilés folkloriques traditionnels en journée !
Mais qui dit fête de village, dit aussi fête des villageois. Cela implique que vous retrouviez la moitié des habitants dans un périmètre réduit. Et comme vous habitez le coin depuis un certain temps, que vous êtes allés à l’école avec certains, vous passez votre temps à dire bonjour, à bisouiller des gens dont vous avez même oublié le prénom, à répéter 253 fois le prénom de MiniBri (bon, là, il faudrait qu’elle s’active pour arriver à le prononcer !), à afficher un sourire en toutes circonstances (la pub ultra brite, c’est moi !).
Mais, comme vous faites partie de la « communauté », vous avez gagné le droit d’être détaillée sous toutes les coutures : fringues, coiffure, sac, gens à qui vous parlez… Aujourd’hui, ça me passe à des kilomètres… Si ma vie passionnante ( !!!) alimente les conversations, c’est que ces personnes n’ont vraiment pas grand chose à faire de leurs journées. Cependant, lorsque j’étais ado, c’était déjà plus problématique…
Les ados attendent toujours, eux, avec impatience ces quelques jours de fête : les parents, rassurés de les savoir en terrain connu, les laissent sortir un peu plus tard que d’habitude. Ils vont même jusqu’à leur donner un peu d’argent pour qu’ils profitent des manèges ; mais certains petits anarchistes dépenseront cet argent en panachés (« waouh, j’ai bu 2 panach’, je suis mort ! »). Ils ont l’impression d’avoir un avant-goût d’une sortie en boite sur la place du marché convertie en piste de danse, pour l’occasion… En fait, je crois que ce sont les ados qui profitent le plus de ces fêtes.
Sauf que…
En mon temps (non, je viens pas de l’ère glaciaire !), mes moindres faits et gestes étaient rapportés à ma mère dans les 12h… Plus rapides que La Redoute et sans supplément !…. Le lendemain à midi, elle savait avec qui j’étais, ce que j’avais fait, ce que j’avais bu, à qui j’avais parlé. Un peu frustrant quand on essaie de préserver sa vie intime d’ado… et qu’on a la tentation de faire ses premières bêtises !. Alors, il fallait habilement ruser ; et je suis devenue une pro en la matière ! :-D
Je pensais qu’avec les années, maintenant que je suis devenue une femme respectable (le premier qui rit en lisant ça, je le prends mal !), ma mère n’aurait plus droit à ces rapport classés confidentiels, en bonne et due forme. Je me suis lourdement trompée… Quand je vous dis que je suis une grande innocente ! ;-) … Ma mère m’a téléphoné ce matin pour me dire « Alors, tu as emmené MiniBri aux manèges hier après-midi ? Il paraît qu’elle s’est régalée et qu’elle était super bien habillée » …. Aaaaaaarggggghhhhhh ! L’histoire est un éternel recommencement !
J’aurais dû m’en douter… Lorsque je suis revenue habiter ici pour des questions pratiques, j’avais encore en mémoire ces commérages informels, mais j’avais espoir que ça se serait calmé du fait que je suis maintenant une adulte (si si si, je vous assure !) et que j’ai ma fille… Et bien non ! On ne perd les mauvaises habitudes aussi facilement… Grrrrrrr !
Un épisode aurait dû me mettre la puce à l’oreille : pendant l’année scolaire, il y a eu un jour où, exceptionnellement, j’ai commencé plus tard que d’habitude. Le soir même, ma mère m’appelait en me demandant « Tout va bien ? » « Ben, euh…. Oui ! » « MiniBri va bien ? » « Ben euh… oui ! » « Parce que ta voisine m’a dit que tu n’étais pas partie travailler à l’heure habituelle et elle a eu peur que MiniBri soit malade »…. (Vous noterez au passage la richesse de mon vocabulaire !). Non, mais j’hallucine ! Ca part (peut être ?) d’un bon sentiment, mais là, non, laissez-moi vivre !!!
Alors, j’hésite entre plusieurs options. Soit je me paie le luxe d’une page entière dans la gazette de ma commune pour raconter ma vie (là, au moins, ils auront une version officielle !). Soit j’investis dans une véritable tenue de camouflage pour MiniBri et moi (opération « je me fonds dans la masse »). Soit je donne l’adresse du blog à tout le village (au moins, ils ne sauront que ce que je veux qu’ils sachent !). Soit, je ne mets plus un pied dans le village (là, ils vont lancer un avis de recherche : WANTED Mamancelib, dead or alive). Soit, je m’en contrefous et je les laisse parler… Je garde mes habitudes, mon sourire, et je peux même jouer la carte de la provoc, histoire de rire un peu… Ah, oui, ça, c’est fun ! … Ils attendront encore un peu pour avoir la véritable histoire de Mamancelib !
Amis du ballon rond et du ballon ovale, vous devez être en pleine extase.
Le championnat de ligue 1 de football vient de reprendre… Alléluia ! C’est reparti pour quelques mois à voir 22 hommes, toutes cuisses dehors, courir après un ballon. Je ne sais pas moi, donnez-leur un ballon à chacun et on n’en parle plus ! C’est sûrement la meilleure école de comédiens qu’il existe : et vas-y que je me roule par terre parce que j’ai mal… J’ai tellement mal que 2 minutes plus tard, je trotte comme un lapin, la carotte entre les dents en moins. On s’insulte sur le terrain, on se fait des coups pendables, mais quand le match se termine, on s’échange les maillots… Hummm, quelle joie de recevoir un maillot plein de sueur dans le meilleur des cas, ou avec un peu d’herbe, un peu de bave, un peu de terre dans le pire des cas. Un véritable joyau pour une quelconque pub de lessive…
Je ne vous parle même pas des tribunes de supporters… Si ?… Bon, je vous en parle… Des hordes de mâles en train d’hurler, qui se sont remplis de quelques bières avant le coup d’envoi, qui scandent des chants consciencieusement appris à la gloire ( ?) de leur équipe, en train de couiner face à la moindre action comme une femme devant une paire de Manolo Blanik. Ils ont bien sagement laissé leur femme et leurs enfants à la maison. Ben quoi ?… Ca ne vous semble pas normal de laisser votre famille un samedi soir à la maison ?… Mais pour que leur femme soit certaine de leur présence dans le stade, ils ont pris quelques fumigènes qu’ils agiteront pour être repérés. Les plus audacieux auront même piqué un rouleau de papier toilette qu’ils jetteront au choix sur l’arbitre ou sur le goal de l’équipe adverse. Si madame les voit faire, elle déduira ce rouleau du budget de la maisonnée.
Et le comble, c’est quand à la fin du match, ils quitteront l’antre du football en disant « ouais, on a bien a joué ce soir. On méritait de le gagner ce match. On est en tête du championnat ce soir ! »… On ?… On ?… Bon, alors, messieurs, il faut vous expliquer quelque chose : les joueurs, ce sont ceux qui sont sur la pelouse et qui courent après le ballon, dans un superbe short flottant. Du moment où vous ne foulez pas l’espace vert avec des traits blancs, ça veut dire que vous n’êtes pas footballeur mais supporter. Donc, vous n’avez pas joué, vous avez encouragé. Donc, vous n’êtes pas en tête du championnat, mais c’est votre équipe qui est bien placée… pfff, il faut tout vous expliquer…
Et le 7 septembre, on délaisse le ballon rond pour le ballon ovale : la coupe du monde de rugby commence ! Et en France, de surcroît… Pour les non-initié(e)s, le rugby c’est un peu comme le foot : des hommes qui se battent pour un ballon. La différence, c’est qu’il y a plus d’hommes sur le terrain : 13 ou 15 par équipe. Ces hommes ont une carrure très différentes de nos amis les footballeurs : de véritables montagnes ! Autre signe distinctif physique : il leur manque souvent un bout d’oreille. Non, ils n’ont pas tous rencontré Mike Tyson un jour où on lui avait volé son petit déjeuner, mais la douceur de ce sport entraîne ce genre de modifications physiques.
La seconde différence est que le rugby ne consiste pas à toucher le ballon avec ses pieds mais avec ses mains. On cale le ballon ovale sous son bras et on court, on court jusqu’aux barres. Un peu comme une femme qui, le premier jour des soldes, se précipite vers le rayon où elle a repéré la petite robe qui sera soldé à –25%, le sac contenant la carte bleue providentielle collé à son corps…
Et surtout, la différence essentielle entre les rugbymen et les footballeurs, c’est que les joueurs de ballon ovale pensent aux femmes : le calendrier annuel des rugbymen en est l’ultime preuve… C’est sûrement pour cela qu’il y a plus de femmes dans les stades de rugby que dans les stades de foot…
Alors bon, je veux bien me dévouer pour ces sportifs, joueurs de foot ou de rugby : je suis d’accord pour me déguiser en ballon (rond ou ovale, je m’adapte !) et qu’ils essaient de m’attraper… et même que je mettrai des talons aiguille pour être sûre qu’ils touchent leur but ! :-D
Bon, je vais apporter de l’eau au moulin des machos, aujourd’hui… Profitez-en, c’est extrêmement rare… Alors, jubilez messieurs ! Ca ne se reproduira pas de sitôt…
J’ai joué avec ma vie aujourd’hui. J’ai pris des risques inconsidérés. Ma vie n’a tenu qu’à un fil… Je suis montée en voiture avec ma mère, qui a une conception très particulière de ce qu’est la conduite d’une automobile. J’en suis presque à croire que le code de la route a changé depuis qu’elle a eu son permis… ou qu’elle a volé son permis à quelqu’un qu’elle a enfermé dans sa cave, depuis… Je ne peux pas croire qu’un jour, un examinateur lui a délivré le petit papier rose tant convoité ; ou il était ivre mort ; ou il a eu tellement peur pendant l’examen qu’il a préféré ne jamais la revoir… Je ne vois pas d’autres explications plausibles…
Disons que ma mère croit d’abord que tous les autres conducteurs ne savent pas conduire ou qu’ils ne tiennent pas compte du code de la route. Donc, quand elle est engagée dans un rond point, si quelqu’un arrive au « cédez le passage », elle freine en plein milieu du rond point au cas où il lui grille la priorité. Quand un feu tricolore est vert, elle freine au cas où quelqu’un grille un feu rouge. La voir conduire en ville est tout simplement une hérésie : au milieu de toute voie, ne sachant pas où aller. Ce n’est guère mieux sur l’autoroute où elle roule à 80 km/h sur la voie du milieu.
A côté de ça, elle est la première à griller un feu rouge (où ça un feu rouge ?), à piler en arrivant à un stop (oh, on les voit au dernier moment ces panneaux !). Pour sa défense, elle trouve uniquement à dire qu’elle n’a pas l’habitude de conduire en ville. Elle vit dans un village où il n’y a pas un seul feu rouge (et oui, ça existe encore !) et, de surcroît, qu’elle connaît par cœur. Il faut juste préciser que ça doit maintenant faire plus de 20 ans qu’elle se rend régulièrement dans la petite ville qui est à côté de son village… et qu’au bout de 20 ans, elle n’a toujours pas saisi le mode de circulation de cette ville. Je me demande quand même si il n’y aurait pas un soupçon de mauvaise volonté de sa part !
Je vous laisse imaginer comment se passaient nos séjours en voiture lorsque je passais la conduite accompagnée, à 16 ans… Du grand délire… Consciencieusement, je répétais ce que m’apprenaient mes moniteurs d’auto-école. Invariablement, elle me disait de faire le contraire. Régulièrement, on se disputait sur qui avait raison. Jusqu’à ce que je décrète que je ne voulais plus conduire avec elle… parce qu’elle me stressait, parce qu’elle m’engueulait… et parce que j’avais pris conscience de la piètre conductrice qu’était ma mère… et qu’elle est toujours. A l’inverse du bon vin qui se bonifie en vieillissant, ma mère, elle, se dégrade en tant qu’automobiliste avec les années.
Sa péripétie du jour ?
Elle me ramenait à la maison et je lui parlais de la soirée salsa à laquelle j’étais allée il y a quelques temps. Et là, en plein rond point, elle pile… Le conducteur de la voiture qui attend au « cédez le passage » klaxonne, imité très vite par l’automobile qui suivait ma mère. Je lui demande ce qu’il se passe. Elle me dit juste qu’elle croyait avoir vu, sur le bord du rond point, une pancarte qui indiquait une soirée salsa dans le coin… Oui, oui, ma mère s’arrête au milieu d’un rond point pour lire les affiches… Et en plus, elle a le culot d’engueuler ceux qui ont l’indélicatesse de klaxonner. J’étais scotchée…Ah, là, c’est du grand Bridget’s mother…
Je vous fais grâce du panneau stop à hauteur duquel elle a pilé et qui a fait que j’ai failli manger le tableau de bord… et pourtant, j’avais ma ceinture. Je ne vous parle pas du chien qu’elle a manqué ne pas voir. Et du feu rouge qu’elle a failli oublier…
Bizarrement, ma mère ne comprend pas pourquoi je ne la garde pas au téléphone quand je l’appelle et qu’elle est en train de conduire. Déjà qu’avec ses 2 mains, ses deux yeux et ses deux oreilles en action, c’est une catastrophe, alors si une conversation vient la perturber et occuper une de ses mains, je crains le pire… même avec un bluetooth, je ne lui ferais pas confiance…
Si vous êtes amateur de sensations fortes, oubliez le saut à l’élastique, les sauts en parachute et autres activités. Je vous invite à monter dans la Bridget’s mother car, équipée d’airbags et de ceintures de sécurité. Je vous fournis le casque et autres protections… mais vous me signez une décharge avant ! Je décline toute responsabilité… si vous avez le goût du risque, moi pas !
Il n’y a rien à dire : les informations présentées par Harry Roselmack sont largement plus captivantes que d’habitude… Notamment, le lancement de la navette spatiale Endeavour avec à son bord 6 astronautes et… une enseignante ! Oui, oui, une enseignante… Bon, j’ignorais que le corps professoral était une espèce tellement à part qu’il fallait voir comment réagissait un professeur dans l’espace… Avant, on envoyait les chiens en orbite, maintenant les profs… Je ne sais pas comment on doit le prendre…
Par souci professionnel envers Harry Roselmack, pour qu’il ait lui aussi des gens à interviewer l’été, et bien, je vais me sacrifier : je veux bien être la prochaine enseignante à partir dans l’espace…
Déjà, un bon point pour moi, pas besoin de porter de robe et pas de curé à l’horizon. La jolie tenue orange d’avant embarquement devrait aller à mon teint. Mais est-ce qu’on a le droit de les personnaliser un peu ? Un petit collier, un petit bijou ? Non ? Bon, d’accord, on va faire dans la sobriété et e rien changer… Pfff, ils ne sont pas joueurs à la Nasa.
J’ai juste un petit souci avec la tenue d’astronaute… On va dire que l’allure bonhomme Michelin ne m’emballe que trèèès moyennement. Sans jouer la superficielle de service, on ne peut pas dire que ce soit très seyant… Et ce magnifique casque avec lequel on a l’impression d’avoir mis la tête dans un aquarium (sans les poissons et les algues, je vous rassure… Pour l’odeur, je n’en sais rien !)… Elle n’est vraiment pas terrible la tenue d’astronaute. Bon, ça va, j’arrête de me plaindre et je fais ce qu’on me dit… pour une fois !
Bon, me voilà dans ma magnifique tenue de spationaute (vous avez vu, je fais un effort !), prête à embarquer… Le truc, c’est que je sais que je suis capable de me casser la figure juste avant de monter dans la navette… juste devant quelques millions de spectateurs et de téléspectateurs. Là, dans ce cas-là, c’est décidé, je reste en orbite jusqu’à la fin de ma vie : trop trop honte ! Déjà qu’au niveau péripétie, je commence à avoir une certaine réputation qui me précède, là, ça en serait terminé pour moi… Définitivement…
Et même, si on va plus loin : sur la terre ferme, il m’arrive d’être une miss catastrophe… alors, en apesanteur… J’ose à peine imaginer. Vous croyez que mes compagnons de navette pourraient me jeter dehors ? Peut-être qu’ils m’oublieraient « involontairement » sur la lune ou sur une autre planète… Je serais capable de trouver des extra-terrestres… Vous imaginez comment ils percevraient les terriens à cause de moi ? :-D
Bon, je crois que même pour le sourire et le charmant regard d’Harry Roselmack, je vais continuer mes aventures sur notre bonne vieille Terre ;-)
Non, non, non, rassurez-vous, je ne suis pas en pleine crise mystique… Je ne compte pas non plus rentrer chez les Carmélites (bavarde comme je suis, vous me voyez me taire ?)… Je ne révise pas non plus mes classiques pour tenter de dévoyer un éventuel prêtre :-D… Rien de tout ça…
Je m’interroge sur ma faculté à pardonner… à cause d’un texto du père de MiniBri où il me dit être désolé pour le mal qu’il m’avait fait, qu’il ne méritait pas mon amour, qu’il me souhaitait d’être heureuse et blablabla… Ces mots, je les ai longtemps attendus. Très longtemps. Trop longtemps. J’en avais besoin à une époque pour pouvoir avancer dans ma nouvelle vie, pour pouvoir tourner la page, pour comprendre et encaisser cette séparation… J’ai attendu et ces mots ne sont jamais venus (zai zai zai zai zai…. Excusez-moi pour cet intermède Joe Dassin).
Et puis, je me suis reconstruite toute seule… Ca a peut être pris un peu plus de temps que nécessaire, mais, le résultat est là. Une nouvelle vie qui me plait beaucoup plus que la précédente, une organisation certes différente mais que je gère relativement bien, une solitude parfois difficile à vivre mais que je préfère à une vie de couple dans laquelle je ne m’épanouissais plus…
Alors oui, je reconnais que j’ai attendu ce texto et qu’il arrive tard ; trop tard ; beaucoup trop tard. Parce qu’il y a peut être eu un moment où je lui aurais pardonné d’avoir fait exploser ma vie du jour au lendemain ; Où j’aurais pu lui pardonner ses erreurs en tant que père. Parce qu’on fait tous des erreurs. Moi la première. Mais les reconnaître et savoir demander pardon à ceux qu’on a pu blesser involontairement, c’est en prendre conscience et essayer de réparer le mal qu’on a pu faire. Le problème ici est que la prise de conscience est tardive. Même si je sais que ça a dû beaucoup lui coûter de m’envoyer ce texto… Même si je pense que c’est plus pour soulager sa conscience que pour avoir mon pardon…
Et bien, non, je n’excuse pas, je ne pardonne pas. Oui, je suis dure. Oui, je suis rancunière. Mais non, il est des choses que je ne peux pas pardonner. C’est au delà de mes forces.
Depuis quelques jours, j’essaie de trouver pourquoi je ne peux pas lui donner mon pardon. Je n’y trouve pas de réponses précises. En revanche, je sais que ce n’est pas pour une question de blessure encore trop fraîche ou trop ouverte : la page sur notre histoire, sur ce qu’il représentait pour moi, est bel et bien tournée et depuis longtemps. J’ai fait mon chemin depuis bientôt un an, il a fait le sien. Le sujet est clos, l’affaire est classée.
Je crois que, par dessus tout, ce qui fait que je ne lui pardonnerai pas ses actes, c’est le mal qu’il a fait à MiniBri et qu’il continue de lui faire : il l’a quasiment totalement oubliée depuis un an. Il ne prend aucune nouvelle, ne la prend que très occasionnellement… Un père qui brille par son absence. Et c’est ça qui me fait le plus mal, pour ma fille. Le jour où il retrouvera sa place de père, peut être que là, oui, je serai prête à lui pardonner.
En attendant, là, non… Je ne peux pas. Je ne peux pas pardonner à un homme de faire du mal à ma fille. Je ne peux pas lui pardonner les nuits où ma fille hurlait son angoisse jusqu’à 12 fois par nuit. Je ne peux pas lui pardonner de ne pas respecter ses droits de visite. Je ne peux pas lui pardonner d’avoir raté quasi intégralement la deuxième année de sa fille. Je ne peux pas lui pardonner de ne pas avoir envie de la voir. Je ne peux pas lui pardonner tout ce qui a pu blesser ma fille et faire saigner mon cœur de maman.
Je suis peut être dure… J’en ai conscience… Mais, avant de penser à s’excuser auprès de moi, je crois qu’il aurait du se préoccuper en premier lieu de MiniBri. A moi, il n’a plus rien à me prouver. A MiniBri, il a tout à lui démontrer…
Je crois que je manque de mots pour qualifier le mariage de mon meilleur ami, hier… Un homme et une femme très amoureux et rayonnants, une très jolie cérémonie malgré… (vous comprendrez plus tard !), une réception plus que réussie dans un cadre somptueux qui a duré jusque tôt ce matin dans une ambiance survoltée, de l’émotion, des rires, des danseurs déchaînés… Du bonheur à l’état pur !
Mais, parce qu’il faut un « mais » parce que je suis marquée par le Destin, il m’est encore arrivé des péripéties…
Arrivés à l’Eglise, nous rentrons un peu en avance pour aller répéter les chants… Bon, je cache mon enthousiasme à cette idée mais, les futurs mariés nous ont fait comprendre qu’ils avaient envie d’une cérémonie « vivante ». Donc, comme c’est leur journée, comme nous avons envie de leur faire plaisir, comme ce sont nos amis, et bien, on va chanter…
Installés dans l’Eglise, on chante d’une conviction profonde (comment ça, ça sonne faux ?), on dit bonjour à distance, on cherche des têtes connues autour de nous et on guette l’arrivée du prêtre : ben oui, il paraît qu’il est charmant, jeune… Alors, ma meilleure amie et moi voulons vérifier ces informations et les valider… Ah ben effectivement, il n’est pas mal du tout… Quel gâchis !… On se prendrait presque à chanter « La bonne du curé » avec le total look Annie Cordy….
La cérémonie débute… Beaucoup d’émotion à l’entrée des mariés… Mais il fait chaud. Terriblement chaud. Extrêmement lourd. A force de se lever et de s’asseoir comme dans toutes les cérémonies religieuses, les femmes de l’assemblée connaissent la délicate sensation de la jupe collée sur les cuisses. Je me penche discrètement vers ma meilleure amie pour lui en faire part. Et la seule chose qu’elle trouve à me répondre c’est « Oui, moi aussi, j’ai le rideau qui colle aux vitres ! ». J’ai failli éclater de rire mais je me contiens. On est quand même dans un lieu saint.
Mais, cette chaleur a eu un effet imprévu sur mes sous vêtements, sur mon bustier plus particulièrement : il glisse sur ma peau et du coup, c’est assez inconfortable… Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche, personne ne me regarde : je vais tenter de tout remettre à sa place. J’essaie de tirer subtilement sur mon bustier mais… je me retrouve à tirer sur ma robe en même temps… et je me retrouve avec un décolleté plus que profond une fraction de seconde. Et bien évidemment, ma meilleure amie assiste à ce grand moment de solitude. Et c’est le fou rire incontrôlable… Une horreur !… Impossible de se calmer !… Je mets la tête dans le livret de messe pour me cacher… Je fais semblant de tousser quand un éclat de rire est prêt à exploser (vieille tactique d’étudiante !)… Je respire, je souffle… Je pleure de rire… Et zut, le maquillage fout le camp… J’ai de plus en plus chaud… Et quand je parviens à me calmer, c’est ma meilleure amie qui prend le relais… et je repars de plus belle… Les 10 minutes les plus longues de ma vie ! J’ai même songé à sortir de l’église quand je voyais que mon fou rire durait… Et puis, la solennité de la cérémonie a repris ses droits et nous nous sommes calmées. Un calme fragile, qui a failli être rompu quand ma meilleure m’a dit tout doucement « Il te fait un effet le curé, dis donc ! Tu crois qu’il t’a vu ? »…
Le fou rire a repris quand nous avons vu arriver le curé à la réception. « Attention à ta robe, ne t’approche pas ! »… Et évidemment, lorsque nous avons raconté ma mésaventure à table, nous sommes passés du « décolleté plus que profond » à « elle a montré ses seins au curé ! »… Je me suis sentie un peu seule sur ce coup là… Ma ferveur catholique en a pris un coup !:-D
Sauf que… Pris dans l’ambiance de la soirée, nous sommes tous sur la piste de danse, à changer de partenaire sur les idées avisées de l’animateur. Et comme une calamité n’arrive jamais seule, je me suis retrouvée à danser la lambada avec… le curé ! Oui, oui… Et lui qui me dit « ah, c’est la première fois pour moi ! »… J’ai juste réussi à lui répondre avec mon plus beau sourire « Ah, ben il faut un début à tout », en regardant du coin de l’œil mes copines au loin qui me faisaient signe de tenir ma robe… Oh punaise, là, c’est décidé, je fuis tout ce qui ressemble à une religion pendant quelques temps…
Ma robe a donc été l’invitée surprise de la soirée… Je crois qu’elle en a amusé beaucoup…C’était à qui dirait la plus grosse bêtise sur la piste de danse, pendant les jeux, à table… J’ai été la première à en rire parce que ce n’était jamais méchant !
Notre table, tiens, parlons-en ! Mon meilleur ami est venu me voir dans la soirée en me disant « On s’est pris la tête pour faire le plan de table, mais je crois que sur votre table, on ne s’est pas planté ! »… Euh, ben… non ! Ma meilleure amie et son homme, 2 couples que je connaissais des 30 ans du marié, un célibataire rencontré dans plusieurs repas et… 2 Bridget en puissance : trentenaire, profs… et célibataires… (C’est l’âge ou le boulot qui nous donne cette ressemblance ?). On faisait une belle brochette ! C’était à qui dirait la chose la plus drôle. On a passé le repas à rire. Jusqu’à ce que le serveur vienne nous proposer du fromage. Vérification de la place de ma robe : ça va, aucune exhibition de ma part et fou rire général… Quand le serveur arrive à ma hauteur, entre deux éclats de rire, je lui dis ce que je veux comme fromage et, avec un joli sourire, il me demande « Mais qu’est-ce qu’il se passe à cette table ?… J’ai la braguette ouverte ? » et il se retourne pour vérifier… J’ai cru qu’il n’arriverait jamais à finir son service tellement il riait… et nous, nous étions prostrés de rire sur nos chaises…
Ca été comme ça, jusqu’à un peu plus de 5h du matin… entre éclats de rire, déhanchements sur la piste de danse, quelques larmes d’émotion des mariés, dans une ambiance chaleureuse, insouciante et respirant l’amour….
Ma robe et moi sommes rentrées à la maison à 6h. Je riais encore toute seule dans la voiture. Je garde des souvenirs plein la tête et une pensée toute émue pour cette journée inoubliable. Je me suis déshabillée, en quittant avec regret ma robe qui fait rire (encore mieux que tout produit illicite !), en ôtant mon bustier qui m’a valu quelques aventures religieuses.
Cet instant que nous attendions tous depuis des mois appartient déjà au passé. Je ne peux qu’espérer qu’il a été à la hauteur des espérances de mon jeune couple préféré. Pour ma part, comment dire… je crois que je vais le placer à la tête de tous les mariages que j’ai pu faire !…Et prendre la résolution de ne plus approcher quoi que ce soit de religieux pendant quelques temps...
Alors, merci à vous, monsieur et madame… Merci pour tout !
Ma robe est là, prête à être enfilée. Mon chapeau est à côté.
Et mon cœur est rempli d’émotion. Pour des raisons que j’ai déjà évoquées ici à la veille du mariage d’un autre couple d’amis.
Mais aussi, et surtout, parce que c’est mon ami le plus proche qui se marie. Parce que je sais qu’il y aura dans la cérémonie des moments qui le toucheront particulièrement. Parce que c’est un grand moment dans sa vie. Parce que voir des gens qui croient encore à l’Amour, au vrai, ça ne peut être qu’un moment de bonheur. Parce que je les aime beaucoup, lui et sa future femme…
Alors, je suis impatiente… Impatiente de les découvrir dans leurs costumes de monsieur et madame. De voir les mines émues et les sourires des jeunes mariés. De les entendre dire OUI. De les voir chercher du regard qui pourrait leur apporter en urgence un mouchoir… et célébrer tout ça comme il se doit, avec eux…
Je vais donc de ce pas enfiler ma robe, mes chaussures, mon chapeau, attraper mon sac, y rajouter un paquet de mouchoirs et m’en aller les retrouver… retrouver un jeune couple heureux et amoureux…
C’est l’été… Il fait beau… Il fait chaud… On est en vacances… Le rythme est plus cool… C’est le moment des barbecues entre amis, des apéros interminables le soir dans une relative fraîcheur…Tout est propice à la bonne humeur, au bien être et à l’insouciance…
Et pourtant…
Autour de moi, j’ai comme l’impression que tout le monde déprime… Il y a une vague de gens qui n’ont pas le moral, sur qui les soucis et les ennuis s’abattent… Un ex avec qui je suis restée très copine qui touche le fond, une amie en grand questionnement, une autre copine qui cumule les mauvaises nouvelles, ma mère qui est plus que soucieuse… et la liste pourrait être encore plus longue… Je retrouve ce même vague à l’âme au fil de certaines de mes lectures sur le net…
Que se passe-t-il en ce moment ?
Le spleen au moment de la rentrée, je peux comprendre… Le retour à la dure réalité du quotidien n’est pas pour mettre du baume au cœur… Le blues en plein hiver, à l’approche des fêtes des fins d’année, est aussi une réalité… Mais là ?… Si même le soleil et sa luminosité, si même les températures agréables et la chaleur ouvrent la porte à la morosité, où allons-nous ?
Ca m’attriste de voir cette mélancolie toucher des gens que j’apprécie et/ou que j’aime… J’essaie d’être là pour eux… De les écouter me parler… De tenter de leur transmettre un peu d’optimisme… De trouver une éventuelle solution…De leur redonner le sourire…
Mais…
Je dois reconnaître que ça m’est difficile. Non pas que je me fiche totalement de ce que peuvent ressentir les gens qui m’entourent, loin de là… Bien au contraire… Mais il m’est laborieux de recevoir ces différentes peines, ces multiples tristesses sans qu’elles me touchent, sans en être affectée. Je suis sympathique, au sens étymologique du terme : je souffre avec… Et je n’ai plus les épaules assez larges pour arriver à tout supporter… D’autant plus que cette période de petite déprime, je viens de la traverser et je ne la sens pas assez éloignée pour pouvoir sereinement affronter les larmes des autres… Alors, je fais ce que je peux. J’écoute. Je suis là. Mais, je me préserve aussi. Je n’ai malheureusement pas la force, aujourd’hui, d’en faire plus…
Le point commun entre ces personnes, c’est la solitude. Ce sont des célibataires plus ou moins endurcis, mais au jour d’aujourd’hui, eux comme moi vivons seul(e)s. Autant les gens (en couple, évidemment !) conçoivent aisément que la Saint Valentin ou les fêtes de fin d’année soit un cap difficile pour les « solos », autant l’idée que l’été représente aussi un moment de solitude les surprend…
A quoi ça sert l’été ? A part à perfectionner son bronzage et se reposer ?
C’est le moment des vacances… C’est le moment où le monde professionnel arrête un peu de s’agiter… C’est le moment où on part en vacances en famille… ou en amoureux… Le moment où on se retrouve dans un petit cocon de bien être et dont on se souviendra au plus fort de l’hiver… Le moment où on partage autre chose que le quotidien… Et quand vous êtes seul, même avec un enfant, vous n’avez personne avec qui partager tout ça.
Bien sûr, vous vous créez des souvenirs en tant que papa ou maman, de telle ou telle fois où votre enfant a fait tel exploit, de tel éclat de rire, de telle ballade… Vous créez des souvenirs avec vos amis, autour de brochettes, chips et autres choses diététiques de barbecues. Mais des souvenirs de couple, vous n’en avez pas. Et où que vous regardiez autour de vous, tout vous le rappelle : ces voitures chargées au maximum sont pleines de parents avec leurs enfants… Ces gens sur les quais de gare qui partent ensemble en vacances… Vos voisins de serviette de plage sont aussi amoureux qu’expansifs… Ces soirées entre copains où vous vous rendez seule sont aussi pleines de couples…
Alors oui, je comprends que l’été ne soit pas aussi agréable que ça, tout compte fait… Malgré son soleil et les autres bons moments qu’il apporte… On en vient presque à regretter le boulot (j’ai dit presque hein !)
Et puis, il arrive un moment où on se dit « Et merde ! »… Personne dans ma vie, mais j’ai une vie… Pas si moche que ça, tout compte fait ! Je n’ai pas besoin d’avoir quelqu’un dans mon cœur ou dans mon lit pour pouvoir profiter de trois mois d’été. Je peux, je veux vivre et exister sans avoir quelqu’un dans ma vie. J’ai mon/mes enfant(s), j’ai mes ami(e)s, et des dizaines de choses à faire. Alors, allons-y ! Ces choses auront peut être moins de saveur, moins de goût que si on était deux, mais elles auront surtout l’avantage d’être vécues à fond… Alors, autant les vivre ! Autant profiter du moindre sourire, du moindre bon moment… Et advienne que pourra !
Et dans la catégorie « bon moment à vivre », je nomme « le mariage de mon meilleur ami, demain ;-) (oui, oui, un lundi !)