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Mes joies, mes peines, mon quotidien, mes coups de coeur de maman célibataire... Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
26.03.2007 Dernière mise à jour :
09.11.2007
La plupart des gens passent leur vie en cherchant toujours quelque chose d'autre, ils traversent l'existence persuadés que leur objectif est fort lointain alors qu'autour d'eux se trouve tout ce dont ils ont besoin pour atteindre leur but.
En ce moment, nous sommes tellement préoccupés par le sort réservé à l’Education Nationale que nous en sommes à chercher un plan B… une porte de sortie… une autre alternative… une reconversion… autre chose quoi…
Dans l’immédiat, la seule solution trouvée conjointement a été… le loto… oui, oui, on tombe bien bas ! Alors, on a fait cagnotte commune, on a calculé et recalculé (heureusement que les profs de maths étaient parmi nous !), ajouté, divisé, multiplié pour finalement arriver à 12 grilles sur 5 semaines, jouées par une dizaine de profs. Ceux qui ont refusé de jouer sont certains que nous ne gagnerons rien ou, au mieux, notre mise de départ. Mais, ce sont les premiers à nous dire qu’ils nous envieront si nous gagnons… Donc, si vous entendez parler d’un établissement scolaire où un quart des profs a lâchement fui, c’est bien de mes collègues et moi dont il s’agit…
Notre rêve : THE big cagnotte of course... et surtout l’extrême jouissance que nous aurions à venir dans notre établissement, déguisés en canard pour défiler devant notre chef en lui chantonnant « au revoir président, au revoir président »… Arf… J’imagine sa tête aussi déconfite qu’horrifiée… L’adjoint, à côté, qui ne saurait si c’est du lard ou du cochon… et nous, en brochette de canards, agitant consciencieusement la main pour leur dire au revoir… Et dans un élan de bonté, nous leur laisserions nos tubas en souvenir et pour qu’il pense à nous lorsqu’ils les utiliseront… Oh le septième ciel… la jouissance extrême… Le bonheur… Le paradis sur Terre… « Au revoir, Président… au revoir, au revoir, au revoir »… Je pense que nous pousserions le vie jusqu’à faire un tour d’honneur dans la cour… voire jusqu’à passer en hurlant dans les couloirs, comme le font nos chers élèves…
Ce n’est pas que notre boulot ne nous plait plus, mais plutôt que c’est de plus en plus épuisant, nerveusement… Que tels des Don Quichotte, on a l’impression de se battre contre des moulins à vent… Que nous n’avons plus aucune considération, ni de la part des élèves, ni de la part des parents… Alors, honnêtement, je ne suis pas sûre de cotiser 40 ans en tant que prof… Je me vois mal enseigner jusqu’en 2060… Je n’aurais pas l’énergie que j’ai actuellement pendant des dizaines d’années, j’en ai conscience….
Alors, oui, gagnante du gros lot, j’arrêterais de travailler. Par contre, je ne resterais pas à la maison. Quand on voit, entre autres choses, la qualité des programmes télé en journée, ça ne donne pas envie de rester chez soi… Honnêtement… Je suis tombée entre midi et deux sur l’émission de Delarue avec son appel à témoins : « Par amour, vous avez dépassé vos limites et commis un crime », « Vous ou l'un de vos proches avez été victime d'une tentative de crime passionnel », « Par amour, votre père a tué votre mère (ou l'inverse) »… Ca fait peur, non ?… Mon réflexe a été d’éteindre la télé (pour une fois qu’elle était allumée…). Et le pire, c’est que des gens vont regarder ça… Ils vont enchaîner avec Derrick, Rex, Questions pour un champion… et le soir, ils se suicident…
Non, je me paierais des vacances longues et bien méritées… J’irais encore dévaliser Ikéa… Je me ferais construire la maison de mes rêves… Pareil pour ma maman… Je gâterais les gens que j’aime… Je crois même que je reprendrais mes études là où je les ai laissées ou que j’entamerais un nouveau parcours universitaire… Pour le plaisir (prendre le temps, de temps en temps… Herbert Léonard, sors de ce corps !)… Je ne serais pas plus heureuse pour autant… Ma vie serait juste facilitée… Mais qu’est ce que ça serait bien…
Donc, en attendant, je m’en vais tuer 2 ou 3 canards (Humour ! Aucun animal n’a été maltraité pendant l’écriture de ce billet !) pour récupérer leur plumes et confectionner mon costume de canard avec lequel je défilerai devant mes chefs… C’est le jeu ma pauvre Lucette…
Les trois quarts de l'univers peuvent trouver délicieuse l'odeur d'une rose, sans que cela puisse servir de preuve, ni pour condamner le quart qui pourrait la trouver mauvaise, ni pour démontrer que cette odeur soit véritablement agréable.
Je vais commettre mon premier délit d’initiés : non, pas de tuyaux pour EADS, mais plutôt pour Brise. Achetez de toute urgence des actions chez Brise ou Air Wick, les ventes vont s’envoler et le prix des actions augmenter considérablement… Vous pouvez faire de même chez Narta…
Souvenez-vous de vos années d’études : lorsque vous rentriez dans une salle de cours où une classe venait de passer une heure, vous pouviez humer une odeur particulière. Indescriptible. Désagréable. Peu engageante. Ca sent l’élève qui a réfléchi, comme je dis souvent à ceux qui se plaignent. On a beau aérer, ouvrir les fenêtres autant que possible, trente personnes confinées dans un espace restreint, ça ne sent pas le bon air de la campagne…
Et lorsque parmi ces trente personnes, vous avez 29 élèves qui sortent d’un cours de sport, vous manquez de leur faire le menu de tout ce que vous avez mangé depuis votre première communion. Pendant ces cours-là, vous ne vous risquez pas à vous balader dans les rangs de votre classe, par crainte de tomber inanimée, asphyxiée. Bizarrement, vous restez scotchée à votre tableau, tout près de la fenêtre ouverte, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige… De l’air !…Vous en arrivez presque à vous demander si un élève n’aurait pas enlevé ses baskets pour tester votre résistance à l’odeur de putréfaction. Après un coup d’œil discret sur les pieds de vos ouailles, il s’avère que non, tous les pieds sont bien enfermés dans des baskets… Et non, vous n’êtes pas en train de faire cours dans une bergerie… Il n’y a pas de foin…
Bon d’accord, après un cours de sport, vous pouvez arriver à comprendre qu’il y ait cette odeur de sueur, de saleté, cette puanteur… Mais là où vous ne trouvez aucune explication, c’est lorsque vous trouvez ce même parfum dès 8 heures du matin. Alors que vous avez encore l’odeur de votre café fumant dans le nez, d’horribles fragrances de friture mélangées à de la transpiration vous arrivent… et même qu’avec un peu de chance, vous aurez aussi des effluves de tabac froid (oui, là, je fais mon ex fumeuse chiante ! )… Le tout à 8 heures du matin… C’est horrible…
Dans ces cas-là, j’ai presque envie de me mettre à la sortie de ma salle de classe et de distribuer des petits savons piqués dans les hôtels ou des échantillons de déodorant… et de faire sponsoriser ma salle par Dove et Sanex… ou de faire des séances d’éducation à la propreté (qui leur serviraient davantage que les séances d’éducation à la sexualité, pour ça, ils n’ont pas besoin de nous !). Je veux bien qu’ils soient des adolescents, qu’ils aient les hormones en ébullition, que leur corps change (minute Doc et Difool terminée), mais quand même… Il faudrait aussi qu’ils évitent de se frotter contre des putois !
Et le pire, c’est quand ce n’est plus un élève qui dégage une « odeur particulière » mais un(e) collègue… Par chance, vous ne passez pas vos heures de cours entières avec le dit collègue, mais le croiser en salle des profs ou prendre place à côté de lui à la cantine est un véritable supplice. Remarque, au moins, à la cantine, ça nous coupe l’appétit… Le régime « transpiration », vous voulez essayer ?
Mais là, que faire ? Vexer le dit collègue en lui faisant part de ses effluves incommodantes ? Feindre un « oh, mais qu’est-ce qui c’est qui pue autant ? Qui a amené son chien mouillé en salle des profs ? » ? Glisser subrepticement du déodorant dans son cartable ? Etre l’initiateur d’une pétition en faveur d’une douche en salle des profs ? Glisser sous la porte de sa salle des bons de réduction pour du gel douche ? Amener tout un stock de bâtonnet d’encens ?… ou se mettre à l’apnée et essayer d’être le nouveau Jacques Maillol… Pas mal le tableau en salle des profs, avec palmes, masque et combinaison de plongée…
Si le dit collègue s’était contenté de « juste » puer de la gueule, on aurait pu investir dans des paquets de chewing gum à la menthe extra forte, dans des bonbons sans sucre (oui, attention à la ligne !) qu’on aurait pu dégainer dès qu’il franchirait le périmètre de sécurité… Mais là… Que faire ? L’asperger de parfum ? Lui rappeler que, maintenant, l’utilisation d’un déodorant ne détruit plus la couche d’ozone ? Lui faire tomber un seau d’eau dessus dès son entrée dans une pièce (opération à renouveler au moins une fois par jour… Penser à mettre de l’eau savonneuse) ? Lui vanter les mérites des douches quotidiennes ? Lui demander si elle adopté un cochon mort ces jours-ci ? Lui poser la question de savoir comment va son élevage de crevettes ?
Ou subir… subir ça encore… tous les jours… tous les matins… toutes les récréations… A quand la prime de salubrité ?
Avoir un enfant, c'est manifester un accord absolu avec l'homme. Si j'ai un enfant, c'est comme si je disais : je suis né, j'ai goûté à la vie et j'ai constaté qu'elle est si bonne qu'elle mérite d'être multipliée.
Autant il est des périodes où ma petite MiniBri est infernale, où elle est difficile à gérer, où elle n’écoute rien de ce que je peux lui dire, où elle crie, où elle a mauvais caractère (de qui peut-elle tenir ça ?), autant en ce moment, elle est adorable ! Mais adorable de chez super adorable. Elle est très câline, très affectueuse, elle m’écoute quand je lui demande de faire (ou pas) quelque chose, elle ne fait pas de caprices… Elle est tout simplement extraordinaire ! Et ça fait du bien…
Mon petit cœur de maman fond littéralement devant ces grands sourires qu’elle me lance dès qu’elle croise mon regard. Je craque totalement quand, spontanément, elle vient me voir pour me faire un câlin et me dire « t’aime, maman… fort ». Elle est super mignonne. Je n’ai plus besoin de répéter 3 fois la même chose pour que la miss fasse enfin ce que je lui demande… Bref, notre vie de famille monoparentale est étonnante de simplicité, tout coule de lui-même, en ce moment… et ça nous fait un bien fou, à MiniBri comme à moi.
Je crois, à tort ou à raison, que le fait de commencer à penser un peu plus à moi me fait énormément de bien et que cela rejaillit forcément sur mon rôle de maman. Je suis partie le week end passé à Paris avec une copine, MiniBri est restée chez sa mamie. Cette semaine, ma baby sitter a récupéré 2 soirs d’affilée ma fille à la crèche (pour cause de réunions et de concert pour moi). Et MiniBri ne s’en porte pas plus mal, au contraire. Et moi, j’ai pris des bouffées d’air frais dans ma vie de femme, dont j’avais grandement besoin…
Alors, dans les moments comme ça, dans ces moments où la maman que je suis est comblée, je me dis que je n’ai besoin de rien de plus… Mais non, la réalité de mon quotidien me rattrape très vite. Samedi soir, malgré une invitation chez des amis pour regarder les Bleus disputer leur quart de finale, je suis restée sagement restée chez moi. Besoin de récupérer pour pouvoir tenir encore 3 semaines jusqu’aux vacances. Mais, j’étais seule. Une fois ma fille couchée, je me suis sentie très seule…
Le match terminé, je suis allée me coucher, avec un magazine féminin pour compagnon…et c’est là que j’ai me suis rendue compte que même mon petit voisin de 17-18 ans n’était pas seul, lui. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent : sa mère doit être absente pour le week end, donc, sa copine est là. Et je les ai entendus se coucher, je l’ai entendue rire, je les ai entendus parler… ah ben bravo : j’envie maintenant un petit couple de jeunes adultes de même pas 18 ans… Non mais, je rêve !
Enfin, je les envie… oui et non… Oui parce qu’ils sont très mignons. Ca fait un an que j’habite ici, un an que je vois la même demoiselle venir chez son zamoureux quand sa mère n’est pas là. Un an que je les entends régulièrement rire ensemble derrière la cloison. Un an que j’entends couramment le jeune homme téléphoner, le soir, à sa dulcinée. Pour cela oui, je les envie… En revanche, pour ce qui est du fait de dépendre de papa et maman pour le côté financier, pour les déplacements, du fait de devoir justifier telle ou telle chose, je suis loin de les envier. Je tiens trop à mon indépendance pour avoir envie de revenir à cette période de ma vie… Et puis d’abord, je m’en fiche : mon petit voisin m’enviera certainement lui aussi quand je serai dans les bras de mon chéri ;-)
Quand je pense qu’un jour ma fille profitera elle aussi de mon absence pour faire venir son copain à la maison… waouh… Quand elle aura 18 ans, j’en aurai… 47… Waouh… Y a pas un voyant qui pourrait me dire ce qui se sera passé dans ma vie quand j’aurai 47 ans ?… Non, non, non, re focalisons-nous sur 2007, MiniBri a 2 ans, j’en ai 31, tout va bien. J’ai bien le temps de me soucier de tout ça…
Et évidemment, le temps que je rédige le billet, MiniBri a fait un caprice parce que son dessin animé (Dora, évidemment ! Vous en auriez douté ?) s’est terminé… Ah les enfants…