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mamancelib Description du blog :
Mes joies, mes peines, mon quotidien, mes coups de coeur de maman célibataire... Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
26.03.2007 Dernière mise à jour :
09.11.2007
Dans la série « Ma vie c’est de la merde, je l’échangerais bien contre celle du Roi du Maroc », je veux mamancelib qui va finir par prendre la décision de rentrer chez les carmélites…
Non, mais sérieusement, c’est une vie de rêve pour moi, non ?
Je me plains ces derniers temps de mon boulot et de mes élèves qui ne sont pas toujours faciles à supporter. Au couvent, plus de petits jeunes en pleine crise d’adolescence. Au pire, des jeunes filles à peine majeures en pleine crise mystique… ou des vieilles sœurs complètement aigries.
Plus de copies à corriger. Juste des prières à réciter.
Plus de cruels dilemmes vestimentaires chaque matin. Ces magnifiques robes bleues marines, si près du corps seront du plus bel effet. Le tout agrémenté d’une superbe coiffe blanche. Il me tarde de voir la nouvelle collection été 2008 avec cette petite folie annoncée : les surpiqures de la robe seront blanches ! Waouh ! Quelle folie !
Là-bas, je pourrais aussi facilement chanter à tue-tête pendant les offices religieux. Bon, d’accord, ça risque d’être un petit peu moins rock que ce que j’écoute actuellement mais, ça peut faire l’affaire. Et puis, qui sait, on peut peut-être adapter « Jésus revient » avec une guitare électrique, non ?
Je veux bien me charger aussi des animations du couvent. Parce que bon, prier régulièrement, souvent, ça va deux minutes, mais il faut aussi penser à se détendre un petit peu. Alors, dimanche, pendant la messe, j’organise le premier concours du plus gros mangeur d’hosties.
Parallèlement, je pense qu’on peut aussi organiser la fête du vin de messe. Une fois par an, il faudra goûter les divers vins qui existent pour élire LE vin de messe de l’année.
La première semaine de chaque année, nous procèderons à l’élection de Miss Couvent : nous élirons la sœur la plus fun du couvent… puis le même jury se rendra au monastère le plus proche pour élire Mister Moine.
Dépoussiérons l’image des carmélites !
Je vais créer le site www.mamancelibcarmelite.com où je vais vendre en ligne des cierges, des icônes, des crucifix. Je mettrai des photos de Miss Couvent et Mister Moine sur la page d’accueil. Il sera possible d’écouter en ligne les nouveaux chants religieux. Et pour les adhérents, une remise exceptionnelle de 2,5% sur l’achat d’une robe religieuse…
Chaque mois, 3 religieuses seront nominées : vous pourrez voter pour votre sœur préférée et celle qui récoltera le moins de vote du public sera exclue. (ça, c’est l’effet Star Ac !). Les 2 autres devront faire pénitence et prier pour toutes les âmes perdues (il y a du boulot !).
Je pense que je vais envoyer un courrier à Benoît XVI (prononcer Benoît Sixteen) pour lui faire part de mes idées. Il va sûrement adorer.
O rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie, n’ai-je donc tant vécue que pour cette infamie ?
Euh, non, je me trompe de registre là… Mais quand même… ô rage, ô désespoir. Pourquoi ? Parce que la petite demoiselle qui répond au doux nom de MiniBri commence à être un reflet de moi-même… Un reflet de 2 ans, certes, mais un reflet quand même… Et je ne suis pas sûre et certaine que ce soit une excellente nouvelle pour elle…
Je m’étais déjà rendue compte de mes tics verbaux en l’entendant répéter inlassablement certaines de mes expressions : « c’est clair », « ciao ciao », « saluuuuut » et j’en passe… Avoir un enfant, ça vous force à surveiller votre langage sous peine de transformation de votre bébé chéri en une usine à gros mots très productive…
On m’a déjà fait la réflexion que ma fille avait un sacré caractère, qu’elle n’était pas du genre à se laisser faire. Vraiment ?… De qui peut-elle tenir ça ?… De la même façon, c’est une petite fille dynamique, rieuse comme… comme qui d’ailleurs ?… Moi, j’ai un caractère angélique, je suis d’un calme olympien, je ne ris jamais… C’est bien simple, on pourrait croire que je fais la gueule toute la journée tellement je suis aimable. ;-) (Je laisse ceux qui me connaissent « en vrai » démentir ou pas cette information !)
Mais, en ce moment, j’ai vraiment l’impression de me voir en version « moins d’un mètre » : MiniBri est mon véritable minimoi. Sur certaines photos récentes, notre ressemblance physique est plus que frappante. Elle a le même regard que moi : le regard qui trahit le ressenti. On sait très vite si ma fille aime ou pas quelqu’un. Si elle heureuse ou mécontente. De jolis yeux noirs qui trahissent le cœur.
Mais là où ça devient très drôle, c’est quand elle joue à la petite femme. Sa grande adoration : mes chaussures ! Dès qu’une paire de chaussure traîne, elle se rue dessus pour les mettre. Donc, ma fille qui chausse du 23 arpente la maison avec mes chaussures à talons… en 40 (oui, j’ai des grands pieds mais, il faut dire aussi que je ne mesure pas 1,50m). Dernièrement, ce sont mes bottines qu’elle essayait. Pour elle, c’était plutôt des cuissardes, d’ailleurs. Donc, ma fille en cuissarde et en couche, ça valait le coup d’œil, quand même… Euh, là, je tiens quand même à préciser que je ne me ballade jamais en cuissardes… ni en couches, d’ailleurs :-D
Toujours au niveau des pieds, comme moi, la première chose que fait MiniBri en arrivant à la maison, c’est d’enlever ses chaussures. Elle a encore le manteau sur le dos et son bonnet sur la tête, il faut qu’elle enlève ses chaussures. Chacun ses priorités !
Une vraie petite femme… coquette au possible… qui me réclame un peu de son parfum le matin (oui, ça fait encore partie du stock de parfums reçus en cadeau de naissance… et je suis incapable de sortir sans être parfumée)… qui commente d’un « c’est bôôôôôôôô chacun de mes bijoux ou collier fantaisie… qui s’enthousiasme d’une nouvelle paire de chaussures ou d’un nouveau vêtement… qui veut choisir la couleur du chouchou que je dois lui mettre dans les cheveux… qui minaude devant la glace…
Une MiniBri qui a déjà ses goûts musicaux… qui me réclame de la musique quand j’allume mon PC… qui bouge la tête sur « Gare aux cons » de Koxie… qui reconnaît et aime Zazie… qui danse sur Cali, Mademoiselle K et autres CD qui tournent très régulièrement à la maison… et qui commence à chantonner…
En ce moment, je ne suis pas à prendre avec des pincettes. J’en ai conscience, c’est déjà ça me direz-vous… Non pas que je m’énerve pour un oui ou pour non, mais plutôt que la moindre chose me touche. J’ai les nerfs à fleur de peau.
J’oscille entre le lion prêt à mordre et la petite chose fragile sur le point d’éclater en larmes. Le yin et le yang. Le chaud et le froid. Le fromage et le dessert.
Il est des choses anodines qui me touchent. Un mot, un regard, ou même une absence de mots ou de regard… Comme si j’étais à la recherche d’émotions, de sensations, comme si je prenais en pleine figure tout ce qui pourrait m’émouvoir.
De la même façon, il existe des mots, des non-dits, des absences qui me blessent et qui me donnent envie de mordre. Comme si j’avais l’impression qu’on essaie sciemment de me toucher, de me faire mal…
Alors, certes, c’est facile de mettre tout ça sur le compte de mon emploi du temps pourri, de la fatigue déjà accumulée, des différents costumes que j’endosse au sein d’une même journée mais, je crois aussi qu’il va falloir que mon entourage apprenne à faire un peu plus attention à moi, à ce que je peux ressentir ou pas, à prendre soin davantage de moi.
J’ai la nette impression que l’image de la femme qui gère tout et qui s’en sort bien persiste encore et toujours et qu’elle commence à rentrer dans la norme : ben oui, c’est normal que je passe mes journées à courir ; c’est normal que je fasse ceci ou cela ; tout est normal…
Et bien, non !
Oui, je suis en colère. Oui, j’aimerais bien que quelqu’un se soucie de moi de temps en temps. Oui, j’aimerais bien qu’on prenne soin de moi.
Je suis en colère. J’en veux à la terre entière. Si je m’écoutais, j’enverrais tout promener et je partirais à l’autre bout du monde, ma fille sous le bras, commencer une nouvelle vie. Remettre les compteurs à zéro. Repartir du début.
On dit souvent qu’on ne refait pas sa vie, qu’on la continue. Et bien là, à ce moment précis, j’ai envie de refaire ma vie, pas de la continuer. J’ai envie de refaire ma vie professionnellement et personnellement. On efface tout (sauf ma fille, cela va sans dire !) et on recommence.
Pour la première fois de ma vie, je ne m’épanouis pas dans mon boulot. On nous demande trop de polyvalence. Je ne suis plus là uniquement pour enseigner ma matière mais je fais aussi office de psychologue, d’assistante sociale, de conseillère d’orientation, de flic, d’éducatrice et j’en passe... Et ça me gonfle au plus haut point. J’en ai marre de me battre contre des moulins à vents. Je ne suis pas Don Quichotte… J’en ai ras le bol de dépenser une énergie folle dans autre chose que l’enseignement.
Les vacances arrivent à point nommé. Une dizaine de jours loin de tout ça me fera le plus grand bien. Il faut juste que j’arrive à me prévoir quelques jours de détente, où je coupe totalement avec tout ça. Je songe à partir un peu. Je ne sais pas où. Je ne sais pas quand. Je ne sais pas avec qui. Mais, il faut que je change d’air. Je sature.
Il faut surtout que j’apprenne à prendre soin de moi. Seule. Sans l’aide de personne.
Quand je vous disais que j’ai les nerfs à fleur de peau…