Nom du blog :
mamancelib Description du blog :
Mes joies, mes peines, mon quotidien, mes coups de coeur de maman célibataire... Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
26.03.2007 Dernière mise à jour :
09.11.2007
J’aime être une femme : je prends un réel plaisir, tous les matins, à maquiller mes yeux, à me parfumer, à choisir mes vêtements, à accorder mes bijoux avec ma tenue, à élire telle paire de chaussure… Oui, j’avoue un pêché mignon de coquetterie, sans excès. Juste ce qu’il faut pour être féminine. Ca n’est une révélation pour personne.
En revanche, ce qui a été une révélation, hier soir, pour les amies avec lesquelles je suis sortie pour fêter le début de nos vacances, c’est que je sais aussi être sexy (j'ai dit sexy, pas provocante ! Je fais la distinction entre les deux !). Au boulot, face à nos jeunes ados aux hormones en ébullition, j’évite soigneusement tout ce qui est trop court, trop décolleté, trop sensuel… Tout ce qui est « trop », quoi. Alors, en dehors du boulot en général, et lorsque je sors plus particulièrement, je compense : je mets ce que je ne peux pas mettre pour aller bosser. Et hier soir, mes collègues de travail ont fait une découverte : « heureusement que tu n’es pas sexy comme ça au boulot… tu nous affolerais nos petits adolescents… et certains profs ! »… En même temps, ce ne serait pas la tenue la plus adéquate pour passer mon temps devant mon tableau noir…
Dans la soirée, j’ai aussi noté que ce genre de tenues peut avoir l’effet totalement inverse. Au resto, derrière nous, un couple d’une cinquantaine d’années dînait amoureusement… jusqu’à ce que madame décide d’aller se repoudrer le nez. Sauf que sa (courte !) jupe n’avait pas envie d’aller visiter les toilettes du resto, visiblement. Cette brave femme s’est retrouvée à traverser le resto avec la jupe relevée, dévoilant ainsi sa culotte rouge (assortie à sa jupe, s’il vous plait !) et ses bas… Noooon, nous n’avons pas rigolé… Pas du tout… Moqueuses, nous ? ;-)… Aucune solidarité féminine, ça en est désespérant… Mais je peux vous assurer que j’ai passé la soirée à vérifier que chaque chose était bien à sa place…
Mais, j’ai souffert le martyr… non pas que j’étais mal à l’aise dans ma petite jupe… Je ne me suis pas fait agresser non plus par une horde de mâles qui implorait que je les touche de ma main bienveillante… Non… Pas du tout… Encore que… La cause de mes maux se situait plutôt au niveau de mes pieds et de mes bottes à talons, plus particulièrement. Je les avais achetées à la fin de l’hiver dernier, et j’avais oublié combien elles me faisaient déjà mal aux pieds, à l’époque. Mais là, hier, j’ai voulu jouer la carte féminine : ces bottes allaient très bien avec ma tenue, donc, pour aller au resto et en boite ensuite, elles étaient parfaites !
Sauf qu’après quelques heures sur le dancefloor (oui, depuis que je retourne en boite, je parle comme les djeuns clubbers !), j’étais incapable de mettre un pied devant l’autre. Bizarrement, tant que je suis restée à danser au milieu de la piste, je n’ai ressenti aucune douleur. C’est quand je me suis assise pour boire un Perrier que j’ai commencé à avoir mal. D’accord, je crois que j’aurais pu avoir n’importe quelle paire de chaussures, j’aurais eu mal aux pieds de la même façon vu le temps que nous avons passé à danser.
Mais, en sortant de la boite, je n’étais plus capable d’avancer. Ma voûte plantaire refusait catégoriquement de rencontrer le sol une nouvelle fois. J’ai songé un instant à regagner la voiture en marchant sur les mains, mais ma jupe m’interdisait ce genre de manœuvres… et par chance, l’une de mes collègues était dans le même état que moi : inflammation aiguë du sabot ! On était moisies du pied. Trente et un ans toutes les deux, et moisies du pied de la même manière. Nous avons déambulé dans les rues à 4h du matin à la vitesse d’un escargot. Ce n’était pas le moment de nous faire faire un test d’effort. Et plus on souffrait de nos pieds, plus on rigolait. Et plus on riait de nos pieds moisis, plus notre vitesse se ralentissait. Je pense que nous avons battu le record de lenteur de la femme de 31 ans à 4 heures du matin. Notre arrivée à la voiture fût orgasmique.
Oui, c’est bien d’être une femme… mais ça fait mal… Moi qui suis tout le temps perchée sur des talons à des hauteurs parfois périlleuses, je peux vous dire qu’aujourd’hui, la seule chose dont je suis sûre, c’est que je vais mettre des chaussures plates !
Ceux qui « suivent » mes péripéties depuis un certain temps l’auront certainement remarqué : je ne parle plus beaucoup de moi, en tant que femme, depuis quelques semaines. Je discours sur ma fille, sur mon boulot, sur des détails et des anecdotes de ma vie quotidienne, mais, mon ressenti, mes sentiments sont passés sous silence… sous un tel silence qu’il m’arrive de rester muette pendant quelques jours… pour mieux revenir ensuite. Je ne parlais plus beaucoup des hommes en général. Parce qu’un jeune homme a traversé ma vie pendant presque 2 mois. A traversé oui. Parce que c’est terminé depuis quelques jours maintenant.
Ne faites pas les surpris, je suis sûre que ça ne vous étonne pas tant que ça. Il y a ce que je dis et ce que je ne dis pas, qui est encore plus révélateur.
Je savais pertinemment que c’était une relation vouée à l’échec. Parce que trop de différences. Une différence d’âge. Une distance géographique. Des préoccupations diamétralement opposées. Des priorités différentes. Des vies distinctes en tout point.
Mais, pour des raisons que je ne m’explique toujours pas, tout se passait bien. Ce qui au départ ne devait être qu’un petit « casse croûte » , qu’une parenthèse enchantée de quelques jours avant la rentrée scolaire, s’est transformé en petite histoire fort sympathique ; en bulle d’oxygène en ce début d’hiver. Quelques jours volés ici ou là. Un texto pour dire qu’on pense l’un à l’autre. Des week end attendus avec impatience. Un mail surprise en pleine journée. Des « au revoir » sur les quais de gare. Un coup de téléphone chaque soir pour s’endormir virtuellement l’un près de l’autre…
Et puis, MiniBri a commencé à accepter cet homme. Elle a commencé à me parler de lui pendant ses absences. Je l’ai vue se comporter avec lui comme elle ne se comporte avec aucun autre homme. J’ai été touchée de voir qu’il s’occupait d’elle. Qu’il jouait avec elle. Qu’il l’aidait à mettre ses chaussures. Qu’il venait la coucher avec moi le soir. Qu’il l’acceptait. Qu’il ne la concevait pas comme un obstacle mais comme un élément de notre relation.
Et j’ai commencé à me faire du souci pour ma fille… pour moi. Que ma vie sentimentale soit une cata, c’est mon problème. Mais que ma fille s’attache à un homme qui ne soit que de passage dans ma vie, là, par contre, ça devient beaucoup plus épineux.
J’en ai parlé à mon p’tit chéri. Je lui ai dit que ça m’effrayait que ma fille s’attache. Il m’a juste répondu que ça lui faisait peur à lui aussi. Je lui avoué que moi aussi, malgré le côté improbable et paradoxal de notre relation, je m’attachais tout doucement à lui… et je n’ai eu aucune réaction… Et j’ai refermé mon cœur à ce moment-là. Je ne donnerai plus sans recevoir ; grande décision prise après ma séparation d’avec Daniel Cleaver.
Et puis, comme tous les hommes, quand il a senti que j’étais sous le charme, toutes ces petites attentions qui m’avaient fait fondre ont commencé à s’espacer : les textos que je trouvais chaque matin à mon réveil sont arrivés chaque jour un peu plus tard, voire pas du tout ; les coups de téléphone ont perdu en longueur ; les attentions se sont raréfiées… Bref, pour lui, j’étais « acquise »… et pourtant, subtilement, je m’éloignais déjà…
J’ai compris que j’étais la seule à vouloir quand même donner sa chance à cette relation ; et que pour que ça marche, il faut être deux… Que j’étais la seule à croire que les obstacles à notre relation étaient surmontables (parce que je crois toujours que quand on veut vraiment quelque chose, on se donne toujours les moyens d’y arriver et que par conséquent, rien n’est impossible.). Et je me suis éloignée, tout doucement mais sûrement…
Alors, mon attitude a changé. Je me suis protégée. J’ai ressorti ma carapace. J’ai été exigeante. Plus envie d’être celle avec des étoiles dans les yeux et un nœud au ventre à chacun de ses coups de fil. Plus envie de m’investir dans cette histoire. Plus envie d’y croire. Plus envie de me bercer d’illusions ou de me battre contre des moulins à vent. Ca ne me menait à rien. Envie de retrouver la véritable mamancelib. Envie de réserver tout cela à quelqu’un qui en connaisse la valeur… Fin de la partie… Quelques larmes parce que je sais que je regretterai ces instants de douceur…. Et puis, on tourne la page pour en écrire une nouvelle.
Je garderai de cette histoire de jolis moments… une expérience sympathique… des rires partagés… et surtout, je me fierai à mes premières impressions : ce n’est pas la peine de donner sa chance à une histoire dont on sait par avance qu’elle ne marchera pas…
Ce n’était pas un Daniel Cleaver… ni un Mark Darcy… juste une jolie petite histoire dont je ressors sans amertume, sans tristesse, sans souffrance, sans remords ni regrets… un poids en moins… et libre !
Je crois que le plus grand spectacle de désolation que l’Education Nationale puisse offrir en ce moment, c’est la salle des profs en cette veille de vacances. C’est le mur des lamentations et Notre Dame des Douleurs réunis.
On pourrait croire qu’un grand concours de maroquinerie est organisé : nous avons tous une jolie collection de valises sous les yeux . Pour certains, certes, ce sont des valises en croco… (mais non, je ne suis pas méchante !)
On pourrait croire que c’est la pièce à vivre d’une maison de retraite, tant l’énergie qui s’en dégage est digne d’un électroencéphalogramme plat. On est tous amorphe. Je pense que nous allons pouvoir postuler auprès de Mickael Jackson si il désire tourner une nouvelle fois son clip pour Thriller : nous n’aurons pas besoin de maquillage ! (et pour certains, pas besoin de changer de vêtements non plus !… Mais je continue à être méchante, là !).
On pourrait croire que la salle des profs est une annexe d’EDF tant l’ambiance y est électrique. Quelques éclats de voix ici ou là entre collègues. Quelques esprits qui s’échauffent. Quelques plaintes continuelles sur les élèves… C’est simple, aujourd’hui, on me faisait la réflexion qu’on en m’avait pas entendue rire depuis longtemps… et ça, quand on me connaît, c’est plutôt inquiétant…
On pourrait croire aussi que c’est une réunion de personnes malentendantes… parce que bizarrement, la sonnerie a beau retentir, on met quand même un certain temps à se lever et à aller vers la cour. Et c’est à ce moment précis que commence la chasse aux escargots. Je crois que n’importe quelle limace sous amphétamine serait plus rapide que nous…
Les seuls qui sont encore sur le qui vive sont nos chefs : et que je te rajoute une réunion le soir… et que je te convoque 25 fois par semaine dans mon bureau en oubliant le rendez-vous 24 fois… et que je te rappelle qu’il faut faire ceci… et que je te demande de faire cela… Mais ils marchent à quoi, eux ?
Non, d’ailleurs, ce ne sont pas les seuls : nos chères têtes blondes ont aussi une forme exemplaire… et ils fourmillent d’idées… mais de mauvaises idées… Comme par exemple de barrer l’entrée du couloir qui mène à la salle des profs avec du scotch. Ou de se battre. Ou de hanter les couloirs et d’ouvrir les portes des salles de cours. Ou de mettre du chewing gum dans la serrure des classes (grand classique du moment, ça !). Ou de me dire « ah, mais vous connaissez la tektonik ? Mais vous êtes jeune, alors ! » (ou comment se sentir l’âme d’un fossile en 2 secondes et demi, service compris)….
Demain, à 15h50, la douce mélodie de la sonnerie signifiera que je serai libre de tout ça pendant 10 jours… et pour la peine, on sort fêter ça entre copines du travail demain soir !